Nov 11 2015

Six mois après la sortie de mon roman – Les commentaires

L'astronaute Dale Gardner, tenant une affiche "For Sale (à vendre) sur la photo originale, après avoir récupéré deux satellites qui avaient été placés sur de mauvaises orbites. (Crédit: NASA)

L’astronaute Dale Gardner, tenant une affiche « For Sale (à vendre) sur la photo originale, après avoir récupéré deux satellites qui avaient été placés sur de mauvaises orbites.
(Crédit: NASA)

Nous sommes déjà à la mi-novembre, et c’est l’heure du bilan de mes 6 mois d’aventure d’écrivain public indépendant.

Plutôt que de simplement vous servir les chiffres de mes statistiques, j’ai pris l’habitude lors des précédents articles de vous faire part de mon ressenti et de mon analyse.

Cette fois je mettrai l’accent sur les commentaires et les retours que j’ai pu obtenir pendant cette période. La large diffusion du livre m’a permis d’apprendre beaucoup de choses que je vais essayer de vous faire partager.

Mais avant toutes choses, je sais que vous en trépignez d’impatience, je suis heureux de vous annoncer que la barre des 700 exemplaires a été franchie, puisqu’au moment où je rédige cet article le nombre s’élève à 749 !

Tour d’horizon sur les chiffres

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’enfile mon costume d’analyste et je fais un petit point sur les chiffres suite à ces deux derniers mois. Lors de mon précédent article sur le sujet, je vous faisais part d’un pic de ventes enregistré durant la période des vacances d’été. Ce que je trouvais aux antipodes de ce que j’avais déjà lu sur les chiffres habituels des auteurs indépendants durant cette période. Cette tendance se confirme vraiment puisque à la fin du mois d’août les chiffres sont retombés tout en se maintenant à une moyenne oscillant entre 140 et 150 ventes par mois.

Nombre de ventes par mois de l'Anomalie du Centaure, toutes plateformes et tous supports confondus. Le mois de novembre étant en cours au moment de la création de cette image, il n'est pas à prendre en compte.

Nombre de ventes par mois de l’Anomalie du Centaure, toutes plateformes et tous supports confondus. Le mois de novembre étant en cours au moment de la création de cette image, il n’est pas à prendre en compte.

Il faudra toutefois attendre encore plusieurs mois avant d’avoir suffisamment de recul pour avancer une tendance plus générale.

Au niveau du classement Amazon par contre, c’est beaucoup plus volatil. Selon les chiffres journaliers, j’ai pu être propulsé dans le top 5 des Ebook de SF, puis redescendre à la 30ème place le lendemain. Difficile donc de fixer une moyenne correcte. Je laisse la place à l’analyse des commentaires.

Récolter et analyser les commentaires

Pour la plupart des auteurs indépendants, les commentaires peuvent être désirés et craints à la fois. Pourquoi craints ? Parce qu’un commentaire négatif, qu’il détienne une part de vérité ou non, peut être désastreux pour un auteur ne disposant pas d’une machine commerciale performante. Mais il faut, malgré tout, prendre du recul par rapport à ce qui peut être dit sur une oeuvre, et se demander ce qui mérite d’en être retiré et analysé.

commentaires-notesIl y a, lorsque l’on travaille exclusivement en ligne, plusieurs endroits où retirer des commentaires. Tout d’abord les plateformes de distribution « officielles » telles que Amazon et Lulu dans mon cas. Ces plateformes permettent aux acheteurs de laisser facilement leur ressenti sur un « bien » pour lequel ils ont dépensé une somme d’argent. Le commentaire est donc souvent plus crédible, étant donné qu’il s’agit d’un investissement financier et qu’une personne est forcément plus critique à cet égard. Mais il aussi possible de trouver des commentaires issus de publications annexes, comme des blogs qui parlent de l’oeuvre, des forums de discussion ou encore, des plateformes de téléchargement illégal…

Qu’en retirer ?

Mon expérience personnelle m’a montrée que chaque lecteur va vivre différemment la lecture de la dernière page d’un livre. Certains vont simplement être emballés, et juste chercher à exprimer leur enthousiasme en rédigeant un commentaire bref et élogieux à chaud. D’autres vont attendre quelques jours afin de rassembler leurs idées et chercher ce qui aurait pu être mieux, et cela, même s’ils ont globalement apprécié l’histoire. Le commentaire sera plus détaillé, des arguments seront exposés, mais il se clôturera sur une note positive ou négative selon leur sentiment global.

Exemple de commentaire qui fait simplement très plaisir !

Exemple 1: Commentaire qui fait simplement très plaisir !

Exemple de commentaire très positif, mais qui contient des arguments qui peuvent être très utiles pour l'auteur.

Exemple 2: Commentaire très positif, mais qui contient des arguments qui peuvent être utiles pour l’auteur.

C’est là qu’il est intéressant de bien le découper. Lire un commentaire 100% positif est bien sûr extrêmement agréable, et m’encourage à continuer sur cette voie (voir exemple 1). Il faudra le prendre pour ce qu’il est, c’est à dire un encouragement et une félicitation.

Quel que soit le commentaire il persiste souvent une sorte de frustration : L’envie de pouvoir en discuter de vive voix avec le lecteur, savoir si il a vraiment tout aimé de A à Z ou bien s’il y avait quand même quelques voies d’amélioration auxquelles il n’avait pas pensé lors de sa rédaction.

Découper le commentaire, c’est un peu comme une étude de texte en cours de français. Il faut isoler les idées principales, et réfléchir à ce qu’elles impliquent comme voie d’amélioration. Dans l’exemple 2 ci-dessus, on pourrait reprendre les points suivants :

  1. Ce lecteur est resté fixé sur une idée qu’il s’était faite sur le début du récit, mais le virage l’a surpris. C’est un point qui lui a visiblement plu.
  2. La fin du livre lui a semblé déroutante. Peut-être le texte est-il un brin alambiqué ? Il faut relire et voir ce qui peut être amélioré, expliqué, simplifié.
  3. Il a revu sa note à la hausse, ce qui donne la tonalité de l’ensemble de son ressenti.
  4. Il a repéré des erreurs dans le texte, le signale, mais tient a relativiser les choses par rapport à d’autres commentaires.

Beaucoup de lecteurs n’imaginent pas que l’auteur du livre puisse lire leurs commentaires, et c’est certainement vrai pour beaucoup. Mais pour un auteur indépendant comme moi, il s’agit du seul endroit où je vais pouvoir toucher du doigt le ressenti de mes lecteurs. Sachez donc que je lis régulièrement ce qui se dit sur mon roman sur Internet.

Critiques, fautes, écriture, faut-il y répondre ?

Victor Hugo en pleine reflexion

Victor Hugo en pleine réflexion

Oui et non. La plupart des auteurs vous diront qu’il ne faut jamais répondre aux commentaires négatifs, sous peine de se perdre en justification, ou encore de déclencher une partie de « ping-pong » dont on ne maîtrisera pas la portée. Et ils ont raison, il ne faut pas répondre directement, sauf bien-sûr, si l’auteur est directement questionné par un lecteur désireux d’en apprendre plus.

En revanche, il est possible d’y répondre indirectement en faisant évoluer son texte. L’un des nombreux avantages de la publication électronique est qu’il est possible aux lecteurs ayant acquis le livre, de re-télécharger ce dernier lorsqu’il est mis à jour par l’auteur. Par exemple, ayant pris note des commentaires et des retours d’emails, j’ai remis en ligne une version de mon livre le 16 octobre 2015. Celle-ci corrige de nombreuses erreurs de conjugaison, mais contient également des corrections de phrases, certaines nécessitant d’être reformulées.

Et il ne s’agit pas de la première fois que je remets à jour mon ouvrage, je l’ai fait régulièrement depuis sa publication. Je précise également que dès l’ouvrage mis à jour sur les plateformes de distribution, les commandes de livre papier passées après cette date contiendront cette nouvelle version.

La forme : Erreurs de conjugaison et d’orthographe

Si on prend l’exemple de commentaire numéro 3 ci-dessous, qui est le plus négatif que j’ai reçu, on voit un argument récurrent par rapport à l’exemple précédent : un problème « d’orthographe ». Je le mets volontairement entre guillemets car il ne s’agit pas d’orthographe à proprement parler mais plutôt de conjugaison.

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Exemple 3: Commentaire le plus négatif à ce jour

Si on l’analyse, on comprend que l’histoire lui a plu, mais qu’il est resté vraiment focalisé sur les erreurs qui parsèment le récit, ce qui lui à gâché sa lecture (d’où la note). On ne retrouve pas forcément ces critiques sur tous les autres commentaires, et encore moins une note aussi sévère, on comprend donc l’importance que cela a pour ce type de lecteur. Il fini par interpeller l’auteur, c’est à dire moi, avec une question sur les relectures à laquelle je vais donc répondre.

sncf-fauteCeux qui suivent mon blog le savent : Bien sûr que le livre a été relu avant publication (7 fois, par différents correcteurs, 3 relectures après publication, et une en cours), mais il faut comprendre qu’une correction sérieuse et professionnelle d’un ouvrage de plus de 450 pages est extrêmement chère (autour de 800 à 1500€) et sa qualité très variable. Il est donc difficile pour un auteur indépendant d’avoir recours à des professionnels du domaine, surtout s’il persiste des erreurs après leur intervention.

Je suis sûr que certains d’entre-vous vont se dire : « Pourquoi ne pas traiter le problème à la source ? » Et vous avez bien raison, c’est un travail que j’ai commencé dès les premiers retours dans ce sens. Me remettre à niveau en français, mon travail ne m’a pas vraiment aidé à maintenir un bon niveau d’écriture et il me faut donc retravailler les bases. Vous vous doutez toutefois que je ne suis pas non plus un parfait illettré, mais voila, pour moi, l’écriture suit l’inspiration. J’ai donc tendance à partir dans un flux d’écriture en suivant ce que me dicte mon imagination. Les pages se remplissent et, malgré moi, des erreurs s’y glissent, car je ne suis pas assez attentif sur la conjugaison et l’orthographe lorsque affluent mes idées. Je me relis donc après avoir écrit plusieurs pages, et il est difficile de repérer ces erreurs une fois noyées dans le volume global.

Mais rassurez-vous, comme indiqué sur un article précédent, j’y travaille.

Le fond : L’intrigue, la narration, les personnages

Là on attaque le cœur de l’ouvrage, le fond, donc l’histoire, est un point beaucoup plus sensible. Je préfère mille fois les critiques sur la forme que sur le fond, car on touche à la création elle-même.

Mon tout premier commentaire sur Amazon

Mon tout premier commentaire sur Amazon

Il est beaucoup plus embêtant de se rendre compte que l’histoire elle-même ne plait pas. Heureusement, je n’ai pas eu à déplorer de critique assassines à ce sujet. Au contraire, si on lit l’ensemble des commentaires Amazon (14 lorsque j’ai écris cet article, ceux de Lulu étant supprimés à chaque révision du texte), on voit que, globalement, l’histoire à conquise une grande majorité de personnes.

ANC-commentaire-EgoInn

Commentaire perdu suite aux révisions sur Lulu

livre-magiqueMais cela ne veut pas dire qu’ils sont totalement exempt de critiques sur le sujet. J’ai notamment relevé:

  1. La fin se dévoile un peu tôt pour certains lecteurs
  2. La fin à pu poser des problèmes de compréhension
  3. La psychologie des personnages peut sembler légère

La plupart de ces critiques ne peuvent pas déboucher sur des évolutions du manuscrit, sous peine de dénaturer l’histoire originale. En revanche, ils sont autant de clés d’amélioration pour ma prochaine histoire.

Néanmoins, il y a une chose que l’on doit garder à l’esprit : On ne peut pas plaire à tout le monde. Ces petits défauts qui vont en gêner certains, peuvent aussi être ressentis comme « la patte » d’un auteur pour les autres. Faire partie intégrante de son style d’écriture, il faut donc faire attention à ne pas trop s’écarter de son style personnel. C’est aussi ça qui fait la magie de l’histoire.

(1 commentaire)

    • angela poupounot on 11 novembre 2015 at 23:05
    • Répondre

    Trés bonne analyse !!! “L’écriture est une aventure. Au début c’est un jeu, puis c’est une amante, ensuite c’est un maître et ça devient un tyran.” Winston Churchill

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